L'escarre, un marqueur de la qualité des soins
Une escarre est une lésion cutanée due à une pression prolongée sur une zone du corps, fréquente chez les personnes âgées alitées ou peu mobiles. Sa particularité juridique tient à un constat largement partagé par le monde médical : une bonne partie des escarres peut être évitée par une prévention adaptée.
C'est ce caractère évitable qui place l'établissement en première ligne. Quand une escarre survient, la première question est simple : la prévention a-t-elle été correctement menée, ou y a-t-il eu défaut de soins ?
L'établissement est tenu d'une obligation de soins et de sécurité envers ses résidents. Pour l'escarre, elle s'apprécie avec exigence : en cas de litige, l'établissement doit pouvoir démontrer qu'il a mis en œuvre les moyens de prévention attendus.
Ce que le juge examine
En cas de litige engagé par la famille ou le résident, le juge (administratif pour les établissements publics, civil pour les privés) cherche si l'établissement a respecté les bonnes pratiques de prévention. Ce qu'il regarde :
- l'évaluation du risque à l'admission puis régulièrement, avec une échelle reconnue (Braden, Norton…) ;
- le protocole de prévention : changements de position, supports adaptés (matelas, coussins anti-escarre), surveillance cutanée ;
- la traçabilité des changements de position et des soins dans le dossier ;
- la prise en charge nutritionnelle et de l'hydratation, déterminantes pour la prévention ;
- la réactivité aux premiers signes, comme une rougeur qui persiste ;
- l'adaptation des moyens à l'état réel du résident.
Souvent, ce n'est pas tant la survenue de l'escarre que l'absence de preuve d'une prévention rigoureuse. Un dossier de soins vide, des changements de position non tracés, une évaluation du risque jamais faite : voilà ce qui engage la responsabilité, parce que l'établissement ne peut plus démontrer qu'il a fait le nécessaire.
La prévention tracée, votre vraie protection
Chez des résidents très fragiles, l'escarre reste parfois inévitable. Ce qui se joue devant le juge, c'est la capacité à démontrer que tout a été fait. Une prévention bien menée et bien documentée protège le résident comme l'établissement :
- une évaluation du risque réalisée et datée pour chaque résident ;
- un protocole de prévention écrit, connu et appliqué par les équipes ;
- une traçabilité précise des changements de position et de la surveillance cutanée ;
- un suivi nutritionnel documenté ;
- une alerte et une réaction tracées dès les premiers signes.
Avec ces éléments au dossier, l'établissement montre qu'il a respecté son obligation de moyens, même si une escarre survient chez un patient à très haut risque.
Le rôle de la formation des équipes
La prévention des escarres repose entièrement sur les gestes quotidiens des soignants et des aides-soignants. Une équipe formée sait évaluer le risque, appliquer le protocole, repérer les signes précoces et, point qui compte beaucoup sur le plan juridique, tracer ce qu'elle fait. La formation agit donc sur la qualité des soins et sur la sécurité juridique de l'établissement.
Former les équipes à la prévention des escarres et à la traçabilité des soins, c'est réduire en même temps le risque pour les résidents et le risque de contentieux.
Protéger vos résidents et votre établissement
Une politique de prévention solide tient à quatre choses : des protocoles écrits, des supports adaptés, une traçabilité rigoureuse et des équipes formées. ONFIP forme les équipes soignantes des établissements médico-sociaux du Var et de la région PACA à la prévention des escarres, à l'évaluation du risque et à la traçabilité des soins. Pour faire le point sur vos pratiques et bâtir un plan de formation, écrivez-nous, réponse sous 48 h ouvrées.