Ce que dit le Code du travail

L'obligation principale tient à l'article R4224-15 du Code du travail. Un membre du personnel doit recevoir la formation de secouriste nécessaire pour donner les premiers secours en cas d'urgence dans :

  • chaque atelier où s'effectuent des travaux dangereux ;
  • chaque chantier employant au moins 20 travailleurs pendant plus de 15 jours et où se réalisent des travaux dangereux.

L'article R4224-16 complète le tableau : faute d'infirmier, l'employeur organise les premiers secours après avis du médecin du travail et en lien avec les services d'urgence. La conduite à tenir doit être écrite, connue du personnel et tenue à la disposition de l'inspecteur du travail.

À retenir

Au-delà de ces cas, tout employeur reste tenu d'une obligation générale de sécurité (article L4121-1) : protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Avoir du personnel formé aux premiers secours en fait partie, même en dehors des « travaux dangereux ».

Combien de SST vous faut-il ?

Contrairement à une idée répandue, le Code du travail ne fixe aucun pourcentage de salariés à former. La règle est qualitative : au moins un secouriste là où l'obligation s'applique. Mais se contenter d'un seul SST tient rarement la route au quotidien.

Aucun ratio officiel ne s'impose : les anciennes circulaires qui préconisaient un secouriste pour 10 ouvriers sont abrogées, et l'INRS invite à dimensionner le nombre de SST selon les besoins et les risques de l'entreprise. Pour l'ajuster à votre réalité, tenez compte de :

  • un SST présent à chaque horaire, y compris en équipes décalées ;
  • la couverture des absences (congés, arrêts, départs) ;
  • la dispersion des locaux (plusieurs sites, plusieurs étages, travail isolé) ;
  • le niveau de risque de l'activité.
L'erreur courante

Avoir formé un SST il y a trois ans ne dit rien de votre couverture aujourd'hui. Si la personne est en congé, en arrêt, partie, ou si son certificat a expiré, le dispositif tombe. Être en règle, c'est avoir des secouristes présents et à jour, pas une ligne sur un vieux registre.

La formation SST en pratique

La formation est encadrée par l'INRS et le réseau Assurance maladie risques professionnels :

  • durée : environ 14 heures (2 jours) pour la formation initiale ;
  • recyclage : un maintien et actualisation des compétences (MAC) tous les 2 ans pour garder un certificat valide ;
  • aucun prérequis : elle est ouverte à tout salarié volontaire ;
  • un double rôle : le SST porte secours, mais il devient aussi un relais de la prévention dans l'entreprise.

Ce que vous risquez en cas de manquement

Ne pas avoir de SST là où il en faut expose l'employeur à plusieurs niveaux :

  • des sanctions pénales : le non-respect des règles de santé et de sécurité au travail est passible d'amendes ;
  • la faute inexcusable : après un accident grave, si l'absence de secours organisé a aggravé les conséquences, elle peut être reconnue, avec des indemnisations majorées à la charge de l'entreprise ;
  • une mise en cause après un accident mortel : l'enquête regarde toujours si les premiers secours étaient organisés.

Et au-delà du risque juridique, il y a l'enjeu humain : dans les premières minutes d'un malaise ou d'un accident, un secouriste formé sur place change l'issue.

Bon à savoir

La formation SST peut s'inscrire au plan de développement des compétences de l'entreprise. C'est un investissement modeste face aux risques évités, et un vrai plus pour la culture sécurité des équipes.

Se mettre en règle dans le Var

Pour faire le point, trois questions suffisent : combien de SST avez-vous vraiment, leurs certificats datent-ils de moins de deux ans, et leur présence couvre-t-elle tous vos horaires et tous vos sites ? Si l'une des réponses cloche, il est temps d'agir. ONFIP forme les SST des entreprises du Var et de la région PACA, en initial comme en recyclage, et peut intervenir dans vos locaux. Écrivez-nous pour évaluer votre situation et caler vos sessions, réponse sous 48 h ouvrées.