Ce que dit la loi
La loi du 25 novembre 2021, dite loi Matras, a renforcé les obligations des communes en matière de sécurité civile. Parmi les nouveautés : organiser, au moins tous les 5 ans, un exercice qui met en œuvre le Plan Communal de Sauvegarde.
Le raisonnement tient à l'expérience : un plan jamais testé reste théorique. Le jour de la crise, on s'aperçoit que des numéros ont changé, qu'une procédure n'est pas claire, que les agents n'ont jamais ouvert le classeur. L'exercice sert à faire remonter ces failles à froid, plutôt que sur le terrain au pire moment.
Toutes les communes tenues d'avoir un PCS le sont aussi pour l'exercice. Dans le Var, vu les risques d'inondation et de feu de forêt, cela représente l'immense majorité d'entre elles.
Les différentes formes d'exercice
Contrairement à une idée reçue, pas besoin d'un déploiement spectaculaire avec pompiers et fumigènes. Plusieurs formats existent, du plus léger au plus complet.
L'exercice sur table (ou de poste de commandement)
Le format le plus accessible. Autour d'une table, l'équipe municipale déroule un scénario fictif et prend les décisions comme si la crise se produisait. On regarde la chaîne de décision, la répartition des rôles, la disponibilité des informations. Rapide à monter, et déjà très formateur.
L'exercice d'alerte de la population
Il teste la capacité de la commune à alerter et informer ses habitants : automate d'appel, sirène, réseaux sociaux, porte-à-porte. On mesure le temps réel pour faire passer un message.
L'exercice de terrain
Plus lourd, il suppose un déploiement réel (ouverture d'un centre d'accueil, agents mobilisés sur place) et, dans l'idéal, les services de secours. On l'organise souvent à l'échelle intercommunale.
Comment organiser un exercice utile
Un exercice ne vaut que s'il est préparé et exploité. La méthode tient en quelques étapes :
- fixer des objectifs précis : que veut-on tester ? la chaîne d'alerte, la cellule de crise, l'ouverture d'un hébergement d'urgence ?
- bâtir un scénario réaliste, en lien avec les risques du territoire (crue, incendie, accident) ;
- désigner des observateurs chargés de noter ce qui marche et ce qui coince ;
- dérouler l'exercice dans des conditions aussi proches que possible du réel ;
- en tirer un retour d'expérience (RETEX) et un bilan écrit des points à corriger ;
- mettre à jour le PCS avec les enseignements de l'exercice.
Faire un exercice « pour cocher la case », sans bilan écrit, c'est une occasion gâchée. Le RETEX est ce qui transforme l'exercice en améliorations concrètes du PCS. Sans bilan documenté, vous ne pouvez d'ailleurs pas prouver que l'obligation a été remplie.
Combien ça coûte, et comment le financer
Un exercice sur table animé par un intervenant extérieur reste d'un coût modeste, sans rapport avec celui d'une crise mal gérée. Surtout, la formation des élus à la préparation et à l'animation de ces exercices est éligible au DIF élus : elle peut donc passer par la Caisse des Dépôts, sans toucher au budget communal.
Les formations « Risques majeurs et gestion de crise communale » et « Exercice de cellule de crise communale » sont éligibles au DIF élus (code 0602). L'organisation de l'exercice réglementaire de la commune est une prestation distincte, financée par la commune. Plusieurs communes peuvent aussi mutualiser un exercice à l'échelle intercommunale.
Faire animer son exercice par un intervenant extérieur
Pour une petite commune, construire un scénario crédible, animer la séance et rédiger un RETEX exploitable demande de la méthode et de l'expérience. Un intervenant extérieur apporte le regard neuf qui repère les angles morts, et décharge l'équipe municipale de l'organisation. ONFIP accompagne les communes du Var dans la préparation, l'animation et le bilan de leurs exercices, et forme les élus pour qu'ils gagnent en autonomie. Écrivez-nous pour planifier votre exercice, réponse sous 48 h ouvrées.