Qu'est-ce que le PCS et qui est concerné ?

Le Plan Communal de Sauvegarde est un document opérationnel qui organise la réponse de la commune face à un événement majeur : inondation, incendie de forêt, accident industriel, coupure d'eau ou d'électricité prolongée, crise sanitaire. Il définit qui fait quoi, qui prévient qui, quels moyens sont mobilisés et comment la population est informée.

Toutes les communes ne sont pas logées à la même enseigne. L'article L731-3 du Code de la sécurité intérieure rend le PCS obligatoire pour celles :

  • Dotées d'un plan de prévention des risques naturels ou miniers approuvé
  • Comprises dans le champ d'application d'un plan particulier d'intervention (PPI)
  • Situées dans un territoire à risque important d'inondation
  • Situées dans une zone de sismicité
  • Comportant des forêts exposées au risque d'incendie
  • Exposées au risque volcanique ou, outre-mer, au risque cyclonique

Dans le Var, compte tenu des risques d'inondation, d'incendie de forêt et des nombreuses installations classées, la quasi-totalité des communes entre dans l'une ou plusieurs de ces catégories. Si vous n'êtes pas sûr que votre commune est concernée, la réponse se trouve dans le DDRM disponible en préfecture, ou vous pouvez nous contacter pour un diagnostic rapide.

À savoir

Depuis la loi n° 2021-1520 du 25 novembre 2021, dite « loi Matras », issue d'une proposition de loi de Fabien Matras, alors député du Var et fondateur d'ONFIP, les obligations en matière de PCS ont été renforcées. La loi a notamment créé le Plan Intercommunal de Sauvegarde (PICS) et imposé l'organisation d'un exercice de crise au moins une fois tous les 5 ans.

L'obligation de révision tous les 5 ans, ce que dit exactement la loi

Le Code de la sécurité intérieure (article L731-3 et suivants) impose au maire de maintenir le PCS en état opérationnel. Les articles R731-1 et suivants du même code en fixent les modalités ; l'article R731-8 précise que le délai de révision ne peut excéder cinq ans.

Cela signifie que :

  • Un PCS élaboré en 2018 doit avoir été révisé au plus tard en 2023
  • Un PCS élaboré en 2015 est obsolète depuis 2020
  • Un PCS jamais révisé depuis son élaboration ne respecte plus l'obligation légale de révision dès que le délai de 5 ans est dépassé

La révision porte sur le fond : vérifier que les risques identifiés sont toujours d'actualité, que les contacts et ressources sont à jour, que l'organisation communale n'a pas changé (turnover des agents, élection d'un nouveau conseil municipal) et que les enseignements des événements survenus depuis ont été intégrés. Changer la date sur la couverture ne suffit pas.

Les responsabilités du maire quand le PCS n'est pas à jour

La question de la responsabilité du maire mérite d'être posée avec précision, car elle est souvent mal comprise. Premier point : réviser le PCS est une obligation légale (loi du 25 novembre 2021 dite loi Matras), mais son absence ou son obsolescence n'est pas, en elle-même, directement sanctionnée : aucun texte ne prévoit d'amende ou de peine automatique. La responsabilité se pose ensuite sous plusieurs angles distincts.

La responsabilité administrative de la commune

Si un événement majeur survient et que la commune ne s'était pas organisée pour y faire face, sa responsabilité administrative peut être recherchée pour défaut d'organisation : c'est l'angle le plus fréquent. Le juge administratif apprécie alors si la commune a commis une faute (par exemple une carence dans la préparation à la crise).

La responsabilité pénale du maire

C'est la dimension qui inquiète le plus les élus. Elle ne peut jamais découler du seul fait de l'absence de PCS : une mise en cause pénale suppose toujours un dommage, un lien de causalité et une faute caractérisée. Dans ces conditions seulement, et au titre d'infractions générales, le maire pourrait théoriquement être recherché pour :

  • Mise en danger d'autrui (article 223-1 du Code pénal) : le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures graves par violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi
  • Homicide involontaire ou blessures involontaires (articles 221-6 et 222-19) aggravés par la violation d'une obligation réglementaire, si l'absence de PCS a contribué à un dommage
  • Non-assistance à personne en danger dans certaines circonstances
À nuancer

Des maires ont déjà vu leur responsabilité pénale engagée après des catastrophes : la condamnation du maire de La Faute-sur-Mer après la tempête Xynthia (2010) en reste l'exemple le plus connu, même si elle portait sur la délivrance de permis de construire en zone inondable, et non sur le PCS lui-même.

L'équilibre à retenir : l'absence ou l'obsolescence d'un PCS n'est pas une infraction pénale en soi ; mais en cas de dommage, elle pourrait être prise en compte parmi d'autres éléments. À l'inverse, un PCS à jour et opérationnel est une preuve qui protège le maire.

Le PCS en pratique : ce qu'il doit contenir

Un PCS opérationnel doit comporter plusieurs éléments indispensables, définis par le Code de la sécurité intérieure (articles R731-1 et suivants) :

Composante Contenu attendu
Diagnostic des risques Cartographie des risques naturels et technologiques présents sur le territoire communal, à partir du DDRM et des PPRN
Organisation de la réponse Définition de la cellule de crise communale, rôles et responsabilités de chaque acteur (maire, adjoints, DGS, agents)
Annuaire de crise Contacts à jour : services de l'État, préfecture, sapeurs-pompiers, gendarmerie, services techniques, associations
Ressources disponibles Inventaire des moyens humains et matériels mobilisables : véhicules, locaux, groupes électrogènes, hébergement d'urgence
Procédures d'alerte Protocoles d'activation du PCS, chaîne d'alerte de la population, communication de crise
DICRIM intégré Lien avec le document d'information communal sur les risques majeurs (DICRIM) destiné à la population

L'exercice obligatoire : le point qu'on oublie

Avoir un PCS à jour ne suffit pas. Depuis la loi de 2021, les communes dotées d'un PCS ont l'obligation d'organiser un exercice de gestion de crise au moins une fois tous les 5 ans. Cet exercice doit mettre en pratique les procédures du PCS et impliquer les acteurs définis dans le document.

L'exercice n'a pas besoin d'être spectaculaire. Il peut prendre la forme d'une simulation sur table (exercice de poste de commandement), d'un exercice d'alerte de la population, ou d'une simulation plus complète impliquant les services de secours. L'essentiel est qu'il soit organisé, documenté et qu'il donne lieu à un bilan permettant d'améliorer le PCS.

Financement DIF

Les formations « Risques majeurs et gestion de crise communale » et « Exercice de cellule de crise communale » proposées par ONFIP sont éligibles au DIF élus (code 0602) : sur demande, nous ouvrons la session sur Mon Compte Élu. Elles permettent à l'élu de se former à ses responsabilités en gestion de crise, dans la limite des droits DIF disponibles et des plafonds applicables. L'organisation de l'exercice réglementaire de la commune est une prestation distincte, financée par la commune.

Comment régulariser rapidement la situation

Un PCS obsolète ou inexistant se rattrape. Les étapes recommandées pour régulariser dans les meilleurs délais :

Étape 1, Évaluer la situation existante

Commencez par retrouver et relire le PCS existant s'il en existe un. Identifiez la date de la dernière révision, les contacts qui ont changé, les risques qui ont évolué sur votre territoire. Si aucun PCS n'existe, évaluez si votre commune est légalement obligée d'en avoir un en consultant le DDRM de la préfecture du Var.

Étape 2, Identifier les risques actuels du territoire

Les risques évoluent. Un PPRN approuvé depuis la dernière révision, un nouveau site industriel, un événement climatique récent qui a révélé une vulnérabilité, tous ces éléments doivent être intégrés dans la révision. La préfecture peut vous fournir les documents de référence.

Étape 3, Mettre à jour l'organisation et l'annuaire

Une élection municipale change souvent une grande partie des acteurs du PCS. Vérifiez que les rôles sont attribués aux bonnes personnes et que tous les contacts sont à jour. Un PCS avec un annuaire de crise périmé est un PCS inutilisable.

Étape 4, Faire valider et communiquer

Le PCS révisé est arrêté par le maire, puis transmis au préfet et au président de l'intercommunalité. Il est présenté au conseil municipal à son adoption et après chaque renouvellement général du conseil (article R731-3 du Code de la sécurité intérieure). Il doit également être porté à la connaissance des agents concernés par sa mise en œuvre.

Étape 5, Planifier l'exercice

La révision du PCS est le bon moment pour planifier l'exercice obligatoire. Cela peut se faire dans les 6 à 12 mois suivant la révision, pour permettre à la nouvelle équipe de se familiariser avec le document avant de le tester.

Faire appel à un accompagnement extérieur : quand et pourquoi

Pour les petites communes sans DGS à plein temps ou sans expertise en gestion des risques, élaborer ou réviser un PCS seul est difficile. Les textes réglementaires sont nombreux, les risques à identifier demandent une méthode et une connaissance du terrain, et la rédaction d'un PCS opérationnel prend du temps.

ONFIP accompagne les communes du Var dans cette démarche : audit du PCS existant, diagnostic des risques du territoire, rédaction ou révision complète du document, formation de l'équipe municipale et organisation de l'exercice réglementaire. Seules les formations des élus sont finançables par le DIF ; l'élaboration ou la révision du PCS est une prestation de conseil, financée par la commune.

Si vous souhaitez faire un point rapide sur la situation de votre commune, PCS existant ou non, date de révision, obligations applicables, contactez-nous. Nous vous répondons sous 48 h ouvrées.